Suivi GPS des Martres

Méthodes

Zones d'étude

Sites d'étude pour la capture de martres dans le but de les équiper de colliers GPS

 

  • Zone 1: Aux abords du canal des Ardennes et du canal de Vouziers
  • Zone 2: Près du Canal Aisne-Marne, de l’autoroute A4 et de la LGV

Une troisième zone d'étude était initialement prévue en plaine céréalière (secteur de Machault) mais grâce aux données de déplacements obtenues dans les zones 1 et 2 qui comprennent elles aussi des zones de culture intensives, nous pourront réaliser des analyses sans avoir à redéployer nos piège lors d'une nouvelle session. 

Captures et manipulation

  • Captures à l'aide de pièges cage à palette appâtées à la viande et relevées tous les matins à l’aube
  • Anesthésie des martres capturées et pose de colliers GPS
  • Relâché sur leur lieu de capture

 

Programmation des colliers et récupération des données

  • Enregistrement d'une localisation/5 min pendant 24 heures une fois par semaine. Durée de vie d'un collier: 11 semaines
  • Téléchargement à distance des données enregistrées, chaque semaine, avec un récepteur fixé sur un véhicule

 

Etat d'avancement

Dernière mise à jour en juillet 2019

Piégeage

Trois sessions de piégeage de martre sont achevées et une quatrième et dernière session est en cours. Les deux premières sessions se sont déroulées aux abords du canal des Ardennes et les deux suivantes dans la zone englobant le canal Aisne-Marne, l’autoroute A4, et la LGV.

Carte représentant les zones de localisation des pièges-cages aux abords du canal des Ardennes et du canal de Vouziers

Capture de 25 martres dont 10 mâles et 15 femelles

Suivi GPS de 19 martres

Obtention de 174 trajets de 24h


Données et premiers résultats

Zone du canal des Ardennes

Trajets obtenus avec des traversées enregistrées:

Représentation des trajets de martre de 4 individus et des zones de traversées préférentielles du canal pour deux mâles

Représentation des trajets des deux mâles (Matt et Michka) révélant l’existence de zones préférentielles pour la traversée du canal des Ardennes.  

Trajets d'une martre aux abords du canal des Ardennes

Représentation des trajets de Mamie montrant des traversées du canal à 4 reprises à 4 endroits différents. Les deux traversées à Semuy ont probablement eu lieu sur des passerelles métalliques au niveau d’écluses.

Trajets avec traversées effectuées en dehors des jours d'enregistrement des points:

Trajet d'une martre en plaine céréalière

Parcours de la martre Marmotte, dont l’ordre chronologique nous permet de déduire qu’elle a franchi le canal à au moins 3 reprises en dehors des jours d’enregistrement des trajets. 

Représentation des 8 trajets de la martre Miracle à proximité directe du canal. Aucune traversée n’a été enregistrée lors des trajets mais elle l’a franchi au moins une fois entre sa capture et l’enregistrement du 1er parcours.

Représentation des 3 trajets de la martre Mouette qui a traversé le canal au moins une fois entre le moment de sa capture et l’enregistrement du 1er trajet. 

Martres très mobiles:

Trajets de 3 martres particulièrement mobiles, qui ont traversé le canal au moins une fois en dehors des jours d’enregistrement et qui se sont éloignées à plus de 10 km du site de piégeage. Après son 4ème trajet, la martre MF1 a été piégée au site de capture 2 à Givry-Loisy et relâchée au point de capture 1 à Thugny-Trugny.

Aucune traversée observée

Représentation des 18 trajets de Maden, seul individu suivi pour lequel nous n’avons aucune preuve de la traversée du canal, mais qui l’a longé une fois sur plus d’1 km.

En résumé:

  • Les analyses des trajets obtenus sont en cours
  •  9 martres sur les 10 suivies ont traversé au moins une fois le canal
  • Seules 3 martres ont traversé le canal pendant les périodes d’enregistrement (21 franchissements)
  • La rivière située près du canal (l'Aisne) est plus perméable aux déplacements que le canal (largeur équivalente)
  • Les traversées du canal semblent se faire dans zones très précises (zones boisées et écluses)

ZONE A4/LGV/Canal

Malheureusement, une martre mâle est morte avant l'enregistrement de son premier trajet (Minou), de même qu'une autre au cours de son suivi (Max). Nous ne disposons son des trajets que chez 9 individus dans cette zone.

Max était un mâle adulte, pas très âgé, certainement en phase de dispersion au vu de la localisation de chacun de ses trajets. Son suivi a été écourté puisqu’il a été retrouvé mort à l’issu de l’enregistrement des trois premiers trajets (tas de point). C’est lors de son premier parcours qu’il s’est approché du canal 51 et qu’il l’a franchi en utilisant un pont agricole

Trajets de Marcel malheureusement éloignés des infrastructures linéaires de transport et cantonnés dans deux bois communicants.

Marc, un mâle au domaine vital assez stable est resté entre Récy et Saint-Martin-sur-le-Pré tout au long de son suivi et se déplaçait souvent aux abords du canal 51. Pourtant, seuls 4 franchissements ont été observés (deux aller-retour lors de deux trajets différents). A noter que le pont agricole utilisé par Marc est le même que celui qu’a emprunté Max. 

Les zone principales d’activité de Milou se situant loin des infrastructures linéaires de transport, il n’a eu l’occasion de se trouver à proximité directe du canal et de l'A26 qu’une seule fois, en longeant étroitement les rives sans les franchir.

Méva compte à elle seule 25 franchissements de l’autoroute A4 pendant son suivi de 10 semaines (=10 trajets). Ces franchissements ont eu lieu à 3 endroits distincts : 21 sous un pont routier surplombant l’autoroute (voir ci-dessous), 1 certainement dans une buse de drainage et 3 probablement en traversant directement l’autoroute. Elle exploite principalement les bois situés dans la zone de péage à la Veuve. 

Illustration des zones de passage certainement empruntés par Méva franchir régulièrement l’A4. 

Malgré la proximité de l’A4 d’une des extrémités du domaine vital de Maurice, il ne l'a franchit que deux fois (un aller-retour en 20 min sur un pont agricole)

Représentation des 4 trajets de Marie. Seul un trajet a eu lieu à proximité de l’A4 et compte deux traversées (pont routier et buse).

Marino a traversé l’autoroute une fois en période d’enregistrement et au moins 3 autres fois en dehors de l’enregistrement des points (trajets consécutifs de part et d’autre de l’autoroute). À noter que le passage observé a probablement eu lieu au même endroit qu’une des deux traversées de Marie, c’est-à-dire dans une buse. 

Les 4 trajets Marius ne montrent pas de traversée pendant l’enregistrement des points mais le fait qu’il ait été recapturé une fois de l’autre côté de la LGV puis qu’il soit revenu implique au moins 2 traversées. 

Les analyses des trajets sont en cours. Nous pouvons cependant réaliser quelques constats:

Canaux: 

  • Même lorsque l’activité des martres est intense à proximité directe des canaux, leur franchissement n’est pas fréquent. Ceci peut s’expliquer par deux hypothèses : soit les zones boisées entourant les canaux sont particulièrement favorable à la présence des martres, en termes de ressources alimentaires, d’où une exploitation particulière de ce milieu ; soit les canaux agissent comme des barrières aux déplacements.
  • Même si les canaux ne constituent pas des barrières infranchissables pour les martres (des traversées ont tout de même lieu), ils restent moins perméables qu’un cours d’eau de même largeur et ce malgré l’absence de courant. Cette observation soutiendrait donc l’hypothèse d’un effet barrière se traduisant par un frein aux déplacements plutôt qu’à un blocage.
  • Les individus les plus enclins à traverser les canaux semblent le faire à des zones préférentielles. Il s’y trouve généralement des éléments facilitant le franchissement comme des ponts (agricoles, routiers ou ferroviaires), des écluses, ou, s’ils traversent  la nage, de la végétation tombante sur les berges qui facilite les remontées.
  • Les traversées semblent nécessiter des zones arborées de part et d’autre des canaux.

Autoroutes:

  • Les autoroutes ne constituent pas des barrières infranchissables pour les martres.
  • Les autoroutes semblent plus perméables aux déplacements des martres que les canaux. Des analyses sont en cours pour expliquer cette différence, qui pourrait en attendant être expliquée par un nombre plus important de passages potentiels au niveau des autoroutes dans nos sites d’étude, les canaux ne disposant pas de passages inférieurs.
  • Les traversées se sont généralement à l’aide d’éléments facilitant, notamment les ponts (agricoles, routiers…) et des passages inférieurs (buses).
  • Les traversées d’autoroutes, comme pour les canaux, semblent nécessiter des zones arborées sur chacune des rives

 

LGV

  • A l'heure actuelle nous manquons de données à proximité de la LGV, nous pouvons donc seulement affirmer que les martres peuvent franchir la LGV, mais sans savoir à quels endroits exactement.